Initiative / 22 jan, 2018
Secteur de la mode et développement durable: l’ONU mène l’action climatique

ONU Changements climatiques Infos, 22 Jan. 2018 - L'industrie de la mode et l'ONU Changements climatiques cherchent les meilleurs moyens de travailler ensemble afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur et de faire entendre la voix de la mode dans le cadre des négociations internationales.

À l'heure actuelle, les émissions totales de gaz à effet de serre provenant de la production de textiles, soit 1,2 milliard de tonnes par année, sont supérieures à celles de tous les vols internationaux et de la navigation maritime combinés. Selon certaines estimations, les émissions du secteur devraient augmenter de plus de 60% d'ici 2030.

« Je crois que nous sommes à un tournant de l'histoire. Pour la première fois, les humains ne sont plus seulement affectés par les cycles météorologiques: nous affectons ces cycles et en subissons les conséquences. »

                                                                                        - Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de l'ONU Changements climatiques

Quelque 38 représentants de marques connues comme Hugo Boss, Adidas, Puma, Kering VF Corporation, C & A et H & M, ainsi qu'un fabricant de fils textiles, recycleurs et représentants d'associations qui se consacrent à la protection de l’environnement dans le secteur de la mode, ont passé deux jours à Bonn et exploré, entre autres choses:

  • Les objectifs environnementaux possibles
  • Des concertations régionales avec les sous-traitants de l'industrie de la mode
  • Une plate-forme en ligne pour engager le dialogue, au niveau mondial et local, rassemblant les nombreuses mais distinctes initiatives en matière d’environnement dans le secteur de la mode et plus largement du textile
  • Le renforcement de l'engagement avec les décideurs politiques au niveau national et international, dans le contexte de l'Accord de Paris sur le changement climatique et des objectifs de développement durable des Nations Unies.
  • Le développement d’un récit et d’une communication communs, y compris lors de grandes réunions et conférences
  • La présentation des meilleures pratiques et des mesures ambitieuses sur le changement climatique
  • La façon d’influencer les autres - la majorité des marques, fournisseurs et autres parties prenantes ne sont toujours pas engagés
  • Les nouveaux modèles de gestion qui stimulent les affaires tout en assurant la durabilité de l'environnement
Fashion group

« Pour changer les choses, nous devons faire un choix: nous pouvons continuer comme si de rien n'était et espérer survivre aux conséquences. . . ou bien nous regarder dans le miroir et admettre que nous avons besoin d'un changement radical et profond », a déclaré la semaine dernière la secrétaire exécutive de l'ONU Changements climatiques, Patricia Espinosa, lors du lancement de la réunion. « Ce changement doit venir de toutes les personnes et de tous les secteurs du monde des affaires, y compris du secteur de la mode. »

La prochaine étape, soit la préparation d'un rapport de l'ONU Changements climatiques à partager avec les représentants de l'industrie, puis d’un programme de travail pour stimuler l'action climatique mondiale en faveur du développement durable dans le secteur de la mode, qui s'appuie sur les nombreuses initiatives environnementales existantes

« Le secteur de la mode a un énorme défi - des chaînes d'approvisionnement complexes allant des producteurs de matières premières aux magasins de détail, et une demande sans cesse croissante avec un recyclage limité », explique Niclas Svenningsen, responsable de la collaboration mode pour l'ONU Changements climatiques. « Les nombreuses mesures encourageantes que l'industrie est déjà en train de prendre et la volonté de l'industrie de s'engager avec enthousiasme pour le climat et pour le développement devraient nous donner tous de l'espoir, mais il reste beaucoup à faire. »

Un récent rapport de la Fondation Ellen MacArthur a mis en garde contre une perte de valeur estimée à 500 milliards de dollars par an due à des vêtements « peu portés et rarement recyclés », ce qui pourrait conduire le secteur à peser le quart du bilan carbone mondial d'ici 2050