Discours de l’ONU Changements Climatiques / 23 fév, 2017
Patricia Espinosa appelle à un système énergétique durable

Lors de la semaine de la Semaine internationale du pétrole (IP Week) qui s'est tenue à Londres jeudi dernier, la Secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, Patricia Espinosa, a traité des voies à prendre pour un système énergétique meilleur.

Elle a appelé les responsables de l'industrie pétrolière et gazière et les décideurs politiques à participer à la réunion pour aligner leurs travaux sur les objectifs de l'Accord de Paris sur les changements climatiques, dont l’objectif vise à placer le monde sur la voie du bas carbone et de la résilience. Elle leur a demandé de réfléchir aux perspectives énergétiques sur le long terme et d'investir dans l'innovation. « Il est également dans votre intérêt de limiter l'élévation du niveau de la mer, de réduire les conditions météorologiques extrêmes et imprévisibles, d'accroître la stabilité du monde en développement et d’élever la richesse mondiale à tous les niveaux de la société », a-t-elle déclaré.

Mme Espinosa a entamé son discours en reconnaissant le rôle qu’ont joué les énergies fossiles comme le pétrole et le gaz dans le développement mondial qui a conditionné la vie moderne. Pour elle, le développement dont le monde a bénéficié ne peut pas être dissocié de la génération et de l’accès à une énergie stable et au coût abordable. « Le leadership visionnaire de cette industrie a posé les fondations de la société telle que nous la connaissons et amélioré pratiquement tous les aspects de notre quotidien. », a-t-elle déclaré.  

Cependant, Mme Espinosa a également reconnu que le monde actuel diffère largement, du fait d’une population accrue, d’un environnement naturel dégradé qui doit pourvoir à la survie de cette population, de l’augmentation des catastrophes naturelles et des risques qui y sont liés, entre autres.

« Le changement climatique n’est plus un risque théorique pour nos infrastructures, mais un risque bien réel auquel même les infrastructures pétrolières et gazières doivent se protéger. » a-t-elle affirmé.

De ce fait, elle a insisté sur l’importance de l’inclusion des voix des leaders du secteur de l’énergie qui ont été ceux du développement jusqu’à présent dans la conversation sérieuse à engager avec cette industrie à propos de la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Mme Espinosa a rassuré les participants au forum en indiquant que la transformation à opérer n’est pas une totale inconnue. Entre l’Accord de Paris dont l’objectif commun est d’atteindre la neutralité climatique dans la seconde moitié du siècle et les Objectifs de développement durable adoptés en 2015 par les gouvernements, accords soutenus par les acteurs non-étatiques tels que les villes, régions, entreprises, investisseurs et citoyens, témoignent de l’élan mondial et de la collaboration générée autour de l’action climatique et de la mise en œuvre effective de ces accords.

Mme Espinosa a énoncé trois mesures que les industries pétrolière et gazière peuvent prendre pour prendre part activement à cette transition vers un développement plus responsable d’un point de vue social et environnemental :

  •  L'alignement sur l'Accord de Paris prévoit des avantages qui vont au-delà des profits et pertes à court terme. Du simple gain d'efficacité opérationnelle à une meilleure gestion du risque et de la réputation, des mesures incitatives sont déjà en place lorsque les pays mettent en œuvre leurs contributions à ces accords. Pour saisir ces avantages émergents et faire croître le marché mondial, les entreprises doivent regarder au-delà du scénario du trimestre suivant.
  • Sur le long terme, un plan d'affaires diversifié qui s'harmonise avec les objectifs mondiaux est dans le meilleur intérêt de l'industrie de l'énergie : il est de son intérêt de limiter l'élévation du niveau de la mer, de réduire les conditions météorologiques extrêmes et imprévisibles, d'accroître la stabilité dans le monde en développement et d’élever la richesse mondiale à tous les niveaux de la société.
  • L’industrie innove pour répondre aux besoins énergétiques du monde. Pourtant, cela ne représente qu'une fraction de ce qui est possible alors que des milliards de personnes naissent et que s’offrent toujours davantage d’opportunités, qu’il s’agisse de technologies de capture et de stockage du carbone, de recherche et développement des biocarburants ou autres technologies vertes : l’innovation est cruciale pour la transformation à une société climato-résiliente.

Après avoir reconnu et crédité les nombreuses mesures déjà prises par les acteurs de l’industrie, Mme Espinosa a conclu en implorant l’industrie de s’impliquer encore davantage, et de mettre la totalité du secteur en mouvement.