Article / 31 jan, 2018
Les objectifs de l’Accord de Paris primordiaux pour sauver la végétation californienne

La pleine mise en œuvre de l'Accord de Paris sur le changement climatique est fondamentale pour protéger la végétation naturelle de la Californie, dont près de la moitié est menacée par les effets de la hausse des températures moyennes mondiales. C'est la principale conclusion d'une nouvelle étude de l'Université de Californie à Davis.

L'objectif central de l'Accord de Paris est de maintenir l'élévation de la température moyenne mondiale bien au-dessous de 2°C, et aussi près que possible de 1,5°C. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement causées par la combustion des carburants fossiles et la déforestation, sont actuellement en hausse et doivent atteindre un pic sans tarder pour ensuite rapidement diminuer afin d'éviter les pires impacts du changement climatique, qui incluent plus de sécheresses, d’inondations et de feux de forêt.

L'étude prévoit qu'au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, plus de 50% de la végétation du sud-ouest de la Californie, de la Vallée Centrale et le massif montagneux de la Sierra Nevada seront touchés en 2100, dont 68% autour de Los Angeles et San Diego.

« Environ 45 à 56% de toute la végétation naturelle de l'état est menacée », a déclaré l'auteur principal James Thorne, chercheur scientifique au Département des sciences et politiques de l'environnement de l'UC Davis. « Si nous réduisons le taux aux objectifs de l'Accord de Paris, ces chiffres tombent et le pourcentage de terres en péril se situe entre 21 et 28%. »

Le couvert végétal a de nombreuses fonctions essentielles pour les humains, notamment la protection de précieuses ressources en eau. À mesure que la végétation est détruite, les bassins versants constituant des ressources vitales en eau douce sont endommagés.

Le rapport est seulement une estimation prudente, car il examine seulement l'exposition directe au climat. La végétation naturelle peut subir des taux élevés de mortalité lorsqu'elle est soumise à des phénomènes météorologiques, conséquences indirectes du changement climatique, comme la sécheresse.

California Mapping
Vegetation at Climate Risk

Mapped Climate exposure: Areas considered to be highly climatically exposed are in the 95–99%, 99–100%, and non-Analog categories.

Même dans l'estimation la plus prudente de l'étude, si les émissions totales demeurent au taux actuel, la superficie des terres touchées double de plus de 50%.

Faisant référence aux images de la carte ci-dessus, M. Thorne, chercheur à l'Université de Californie à Davis a déclaré : « C'est la carte de l'endroit où nous vivons. Les paysages naturels qui composent la Californie fournissent l'eau, l'air pur et d'autres bienfaits naturels pour toutes les personnes qui y vivent. Ils constituent le sanctuaire pour la grande biodiversité de Californie mondialement classée. Cette carte montre le niveau de risque climatique pour tous ces éléments. Dans certains cas, la transformation peut être assez spectaculaire et tangible, comme avec des feux de forêt et des infestations de coléoptères. Dans d'autres cas, cela pourrait ne pas être aussi manifeste, mais cela aura quand même des impacts. »

Voici certains des points saillants du rapport:

  • Impact sur les régions urbaines: Aux taux actuels d'émissions de gaz à effet de serre, 68% des terres entourant Los Angeles et San Diego seront touchées par le stress climatique en 2100.
  • Des écosystèmes précieux deviennent vulnérables: la Sierra Nevada, une région particulièrement importante pour les services écosystémiques naturels, reste exposée à 62% au climat dans le cadre des modèles actuels de trajectoires d'émission.
  • 25% de la végétation est déjà menacée: Si les émissions étaient réduites maintenant, environ un quart de la végétation de l'État serait encore soumis à un stress climatique d'ici 2100.
  • Prévision d’une faible productivité pour les terres marginales: l'incapacité à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat entraînera une augmentation de 24-28% de l’appauvrissement des terres naturelles californiennes, en restant sur la trajectoire d'émission actuelle.

Téléchargez l'étude ici