Rapport / 03 juil, 2017
L’urbanisation rapide augmente les risques liés au climat pour des milliards d’individus

D’après un nouveau rapport des Nations Unies, l’urbanisation rapide rend la population mondiale plus vulnérable aux effets du changement climatique. Le rapport présente différentes initiatives visant à renforcer la résilience des métropoles, des villes et des villages dans le monde entier.

Plus de la moitié de la population mondiale est aujourd’hui citadine, et d’ici 2050, 2,5 milliards d’individus supplémentaires devraient vivre dans des villes. Les pluies torrentielles et les tempêtes sont de plus en plus fréquentes dans les agglomérations densément peuplées telles que New York, Bombay et Jakarta. Ces phénomènes touchent le plus durement les individus vivant dans des habitats marginalisés et informels, tels que les bidonvilles. La désertification détruit les terres arables, nécessaires pour nourrir les populations urbaines toujours plus importantes. De plus, la montée du niveau des mers menace les habitants des régions côtières, des deltas et des petits Etats insulaires.

Pour lutter contre ces différentes menaces au développement durable, de nombreuses villes ont pris des mesures pour développer leur résilience et répondre aux risques grandissants liés au climat. Grâce à des initiatives telles que 100 Resilient Cities et la Convention des maires, les dirigeants des villes ont montré leur engagement à travailler ensemble pour faire face aux changements climatiques et à leur impact. Les décideurs politiques, les professionnels et même les particuliers prêts à s’engager pour cette cause disposent de nombreuses ressources, grâce au soutien d’organisations telles que la Banque mondiale, ICLEI et ONU-Habitat.

Les auteurs du rapport "Initiatives dans le secteur des établissements humains et de l’adaptation" ont compilé un résumé des principales initiatives mondiales et régionales qui apportent leur soutien à l’adaptation et à la résilience face au climat dans les métropoles, les villes et les villages. L’étude s’articule autour de cinq opportunités d’action : apprendre, obtenir un soutien technique, s’engager, financer et se réunir. Le rapport met en avant la diversité de ces initiatives, ainsi que l’évolution des services proposés ces dix dernières années.

[Graphique: évolution de la répartition des initiatives mondiales et régionales existantes sur les établissements humains. Source: Initiatives dans le secteur des établissements humains et de l’adaptation, p. 8]

Voici quelques-unes des initiatives mondiales et régionales axées sur la résilience urbaine, mentionnées dans le rapport:

  1. Apprendre: Réseau de recherche sur le changement climatique urbain

Le Réseau de recherche sur le changement climatique urbain, un consortium de plus de 700 experts impliqués dans l’analyse du climat dans les villes, a contribué aux efforts d’amélioration de l’accès aux connaissances sur le climat. Basé à l’Institut de la Terre de l’Université de Columbia à New York (États-Unis) depuis 2007, ce programme mondial permet de soutenir les actions des villes, à travers des projets tels que la publication de plusieurs rapports mondiaux, un site d’études de cas en ligne, recensant 115 expériences dans les villes, ainsi que des plateformes régionales. Cliquez ici pour plus d’informations.

  1. Obtenir un soutien technique: 100 Resilient Cities et le Réseau de villes asiatiques pour la résilience au changement climatique

La Fondation Rockefeller a lancé, en 2013, le programme 100 Resilient Cities, permettant de sélectionner 100 villes en vue de leur fournir les ressources nécessaires au développement d’une feuille de route vers la résilience. Le soutien fourni recouvre le conseil financier et logistique, l’expertise en développement de stratégie, l’accès à des solutions et à des prestataires de services, ainsi que l’adhésion à un réseau mondial de villes. Cliquez ici pour plus d’informations.

Grâce à un partenariat avec la Commission européenne et le réseau de secrétariats régionaux de l’ICLEI, la Fondation Rockefeller a déjà lancé le Réseau de villes asiatiques pour la résilience au changement climatique dans 50 villes en Inde, en Indonésie, au Vietnam, au Bangladesh et aux Philippines. La Fondation partage la mission de 100 Resilient Cities d’équiper les villes pour leur permettre de développer leur résilience face aux défis physiques, sociaux et économiques du 21ème siècle. Cliquez ici pour plus d’informations.

  1. S’engager: Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie et Convention des maires pour l’Afrique sub-saharienne

La Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie est la plus grande coalition mondiale de villes engagées au niveau climatique, comprenant plus de 7100 villes réparties dans plus de 119 pays. Lancée au début de cette année, la coalition est issue de la fusion entre le Pacte des maires et la Convention des maires de l’Union européenne pour le climat et l’énergie. Cliquez ici pour plus d’informations.

Au niveau régional, la Convention des maires pour l’Afrique sub-saharienne a également été financée par la Commission européenne afin de développer la capacité de planification des villes africaines, et pour fournir une plateforme de partage des connaissances et des meilleures pratiques. Cliquez ici pour plus d’informations.

  1. Financer: Projet pilote d’approche intégrée pour des villes durables

Le Projet pilote d’approche intégrée pour des villes durables est un programme de la Banque mondiale visant à mobiliser 1,5 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir plusieurs projets de durabilité urbaine dans 23 villes réparties sur 11 pays pilotes. Le programme est financé par le Fonds pour l’environnement mondial, et sera mis en œuvre en partenariat avec la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque de développement d’Afrique du Sud, la Banque interaméricaine de développement, le PNUE, le PNUD et l’ONUDI. Cliquez ici pour plus d’informations.

  1. Se réunir: Alliance mondiale pour les crises urbaines

Lancée par le Sommet humanitaire mondial de 2015, l’Alliance mondiale pour les crises urbaines vise à répondre aux défis liés à l’intersection de l’urbanisation, des conflits, des déplacements, et des changements climatiques. Plus de 65 organisations ont rejoint l’Alliance, avec pour objectif principal de s’assurer que les parties prenantes peuvent travailler efficacement dans les villes et les métropoles affectées par la crise. Cliquez ici pour plus d’informations.

Il y a moins d’initiatives portant sur la résilience au climat des petites villes et des villages, notamment dans les régions rurales et reculées. Cependant, l’Initiative pour les villes et les changements climatiques (CCCI, selon le sigle anglais), est un exemple probant des possibilités existantes :

La CCCI d’ONU-Habitat est une initiative visant à renforcer la capacité d’adaptation des villes dans les pays en développement, plus particulièrement grâce à la planification participative en faveur des pauvres. L’initiative soutient, entre autres, des projets pour soutenir la résilience des villages dans le Sud de la République démocratique populaire lao, ainsi que des collectivités isolées, telles que la capitale des Iles Salomon, Honiara. Cliquez ici pour plus d’informations.

Le rapport intégral de la CCNUCC est accessible ici.

Le rapport a été présenté aux gouvernements durant la dernière Conférence sur les changements climatiques, organisée à Bonn, en Allemagne, du 8 au 18 mai 2017. Il a été préparé en collaboration avec ONU-Habitat, ICLEI Gouvernements locaux pour la durabilité, et le Réseau de recherche sur le changement climatique urbain, dans le cadre du programme de travail de Nairobi, le Réseau connaissances pour l’action de résilience au climat de la CCNUCC.

Le rapport fait partie d’une approche composée de sept étapes, mise en œuvre par le programme de travail de Nairobi de la CCNUCC pour faire avancer la résilience climatique grâce aux connaissances, comme l’illustre le schéma ci-dessous.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page sur les établissements humains du Portail des connaissances sur l’adaptation, ou contactez l’équipe du programme de travail de Nairobi : nwp@unfccc.int.