Communiqué ONU Changements Climatiques / 15 nov, 2017
Besoin urgent de financement pour la résilience: la Norvège et Unilever s’engagent à verser 400 millions de dollars

Bonn, 14 nov. 2017 – Les effets dévastateurs de la saison des ouragans de cette année ont fait prendre conscience de la nécessité d’investir d’urgence dans des sociétés capables de résister au changement climatique, ce dont la Norvège et Unilever ont tenu compte à la COP23 en prenant aujourd’hui l’engagement de consacrer 400 millions de dollars pour stimuler le développement social résilient.

Lors de la Journée de la Résilience de l’Action climatique mondiale durant la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques, des dirigeants de gouvernements, des entreprises et des membres de la société civile ont souligné que la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour prévenir l’aggravation du dérèglement climatique et s’adapter aux changements afférents n’étaient pas des objectifs distincts, mais un seul et même dessein.

Au cours de la table ronde sur le déblocage des investissements pour la résilience, Vidar Helgesen, le Ministre norvégien du Climat et de l’Environnement a donné un exemple d’action clair.

 « Je suis heureux d’annoncer que la Norvège, avec Unilever et d’autres partenaires, met en place un nouveau fonds de 400 millions de dollars pour investir dans des modèles économiques qui combinent investissements dans l’agriculture à forte productivité, l’implication des petits exploitants et la protection des forêts. Cela ne devrait être qu’un des nombreux nouveaux investissements publics et privés pour un développement socio-économique plus résilient », a-t-il déclaré.

Agir maintenant pour renforcer la résilience sociale et économique contre le changement climatique est primordial pour atteindre les objectifs des trois accords internationaux inextricablement liés que sont : l’Accord de Paris sur le changement climatique, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.

 « La réalisation du développement économique et l’éradication de la pauvreté ne peuvent être effectives que si nous renforçons la résilience climatique. C’est la raison pour laquelle la Banque mondiale place la résilience et la gestion des risques climatiques au cœur de ses investissements », a relevé Laura Tuck, Vice-présidente de la Banque mondiale en charge du développement durable.

Réponse publique-privée coordonnée

Renforcer la résilience nécessite des investissements des secteurs public et privé. Cela se justifie à la fois sur le plan économique et sur l’environnemental.

Roelfien Kuijpers, Chargé  des investissements et responsable international des relations stratégiques de la Deuche Asset Management, a quant à lui ajouté : « Pendant de nombreuses années, les investisseurs n’arrivaient pas complètement à évaluer les risques liés au changement climatique. Les initiatives de Big Data (mégadonnées), tel que le travail de Four Twenty Seven, permettent aux investisseurs de le faire et de réduire les aléas climatiques pour leurs portefeuilles. C’est une étape importante, mais il faut en faire beaucoup plus pour limiter les vicissitudes liées au changement climatique, et notamment accroître l’investissement respectueux de l’environnement et améliorer la publication des risques climatiques par les entreprises. »

Le Dr Simon Young de Willis Towers Watson et le Forum de developpement de l’assurance ont souligné l’importance des partenariats publics et privés pour évaluer et réduire les risques, en déclarant : « Pour renforcer la résilience climatique, nous devons d’abord comprendre les risques et savoir les évaluer. Le secteur des assurances dans le cadre de partenariats privés/privés peut le faire, afin que les collectivités et les entreprises puissent non seulement anticiper ces aléas, mais aussi les amortir, les surmonter et se relancer. »

Réponse mondiale et locale

Mary Robinson, Présidente de la Fondation Mary Robinson - Climate Justice, a pour sa part déclaré : « Pour renforcer la résilience, nous devons nous attaquer aux causes profondes de la pauvreté, de l’inégalité et de l’exclusion, et placer les personnes au centre des décisions. »

Elhadj As Sy, Secrétaire général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a souligné le fait que pour accéder aux personnes vulnérables, les efforts ne devraient pas rester concentrés aux niveaux international et national.

Il a poursuivi en précisant : « Nos bénévoles ont prouvé l’impact positif que pouvait avoir une action locale lorsqu’ils ont obvié aux récents ouragans dans les Caraïbes, aux vagues de chaleur en Europe et aux inondations au Bangladesh. Nous devons, par conséquent, renforcer l’autonomie des acteurs locaux pour les préparer à ce qui les attend à l’avenir et qu’ils aient les moyens d’agir. »

Nature, Science et Résilience

Pour renforcer la résilience, il faut comprendre la science et travailler avec la nature.

 « Investir dans la résilience présente deux avantages climatiques. Premièrement, cela permet aux communautés de faire face aux chocs et stress climatiques croissants. Deuxièmement, en protégeant les puits de carbone et en suscitant de nouvelles réflexions sur les transformations vers des sociétés plurielles exemptes de combustibles fossiles, cela permet de réduire les risques climatiques », a indiqué Johan Rockström, Directeur exécutif du Stockholm Resilience Center.

Inger Andersen, Directrice Générale de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature, a ajouté : «Les changements climatiques mettent des millions de vies en danger et causent d’énormes pertes économiques. Les écosystèmes qui fonctionnent bien sont essentiels pour réduire ces risques tout en renforçant la résilience des personnes les plus vulnérables. Par exemple, le maintien des forêts de mangroves est une solution économique basée sur la nature. »

La championne mondiale du climat des Fidji, la Ministre Inia Seruiratu, a souligné l’importance de la résilience et de l’action de nombreuses parties prenantes, en affirmant : «Tout le monde doit se réunir de manière inédite pour relever les défis qui nous attendent. Pour nous tous, mais surtout pour les zones vulnérables telles que le Pacifique; travailler ensemble pour renforcer la résilience est plus urgent que jamais. »

René Castro, Sous-Directeur général de la FAO, s’exprimant au nom de l’Initiative de l’ONU pour la résilience aux changements climatiques (A2R), a déclaré : « L’Initiative de l’ONU pour la résilience aux changements climatiques est un excellent exemple de la manière dont les partenaires publics et privés peuvent se réunir pour aider les pays et les communautés à anticiper, à amortir les risques climatiques, et à repenser le développement durable. »

Rommel Lo de l’Association des Sourds Dumaguete Effata (DEAF) aux Philippines a relevé l’importance de placer les communautés au cœur de la prise de décision, en déclarant : «Plus d’un dixième de la population mondiale vit avec une forme de handicap, personnes parmi les plus vulnérables aux catastrophes. S’agissant de la communauté sourde, j’espère que même si nous ne pouvons pas entendre, nous pouvons encore être entendus. Nous devons être impliqués dans les prises de décisions qui nous concerneront. »

Les événements à la COP23 ont été organisés par les partenaires de l’Initiative de l’ONU pour la résilience aux changements climatiques (A2R) suivants: le Partenariat mondial pour la résilience, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Forum sur le développement de l’assurance et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, l’Union internationale pour la Conservation de la Nature, l’ONU-Environnement et la Banque Mondiale.

En conclusion, pour être résilientes au changement climatique, les populations et leurs économies dépendront de trois éléments : être capables de comprendre et d’anticiper les aléas et les dangers climatiques (aussi bien les événements extrêmes tels que les ouragans, que les changements à long terme comme des températures plus chaudes et l’élévation du niveau de la mer) ; être capable d’amortir et de faire face à l’impact des chocs et des pressions pouvant survenir ; et, à long terme, d’une transformation du développement et des moyens qu’ils utilisent pour réduire ces risques.

Pour plus dinformations, contactez: info@a2rinitiative.org.