Article / 07 nov, 2017
Alimentation et restauration à la COP23: le durable tous les jours au menu

La conférence de l’ONU Changements climatiques à Bonn (COP23, 6-17 novembre) vise à sensibiliser davantage les populations au dérèglement climatique et au développement durable, à tous les niveaux de la société. Les organisateurs de la COP23 passent donc de la parole aux actes : la conférence sera durable dans toute la mesure du possible. Dans une série d’articles, l’équipe de l’ONU Changements climatiques Infos examine ainsi les différents aspects de la durabilité – allant des transports à la collecte des déchets en passant par le service de restauration, l'énergie et la compensation. Dans cet épisode de notre série, nous nous penchons sur l’alimentation.

Environ 25.000 personnes vont participer à cette COP – chacune va boire et manger. Cela signifie beaucoup de repas et donc une empreinte carbone potentiellement importante, uniquement pour le poste « restauration ».

Afin de faire de cette conférence un événement totalement neutre en carbone, les responsables logistiques vont faire en sorte que ce poste soit non seulement savoureux mais aussi durable.

« Nous sommes très attachés à ce que le poste alimentation de la conférence soit respectueux de l’environnement », confie Michael Schroeren, porte-parole du ministère de l’Environnement allemand (BMUB). « C’est pour cette raison que nous avons choisi de proposer principalement des mets végétariens ainsi que de la viande et du poisson biologiques. Notre concept gastronomique s’accorde parfaitement avec la stratégie globale de faire en sorte que cette conférence soit la plus durable possible. »

En matière d’alimentation, l’empreinte carbone de la viande est la plus élevée. Par conséquent, manger végétarien régulièrement réduit les émissions de gaz à effet de serre (GES), élément clé pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l’agriculture et l’utilisation des terres représentent un quart des émissions mondiale de GES, faisant de ce secteur le deuxième plus gros émetteur.

Cattle

La FAO affirme que l’élevage mondial à lui seul – exploitations de bovins, porcs et moutons ainsi que toutes les autres bêtes élevées pour produire de la viande, du lait, du cuir ou de la laine – représentent 14,5% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Près de la moitié des émissions provenant de l’élevage est composée de méthane, tandis que l’autre moitié est répartie à parts égales entre les GES protoxyde d’azote et dioxyde de carbone.

Lors de la COP23, au moins 60% de la nourriture sera végétarienne. Dennis Winkler, de l’ONU Changements Climatiques et à la tête du groupe de travail chargé de la durabilité de la conférence, est satisfait de ce pourcentage.

« Lors de COP21 à Paris, nous étions à 30% – nous avons multiplié cette proportion par deux », confirme-t-il.

Au menu: mets végétariens, bio et locaux

Ainsi seront proposés des versions végétariennes de plats traditionnels allemands comme les ravioles appelées ”Maultaschen“, ou même goulasch, chili et paella.

 

Bread baked freshly at COP21 in Paris
Lors de la COP21, le pain était cuit sur place, à la demande, évitant ainsi le gâchis.

Selon la FAO, 1,3 milliard de tonnes d’aliments sont gaspillées dans le monde chaque année -soit un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humaine perdue.

 « Si le gâchis alimentaire était un pays, il serait le troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre », déclare Nick Nuttall de l’ONU Changements Climatiques, « mais chacun à son niveau peut agir. »

M. Nutall souligne que le site de l’ONU Think Eat Save peut aider tout un chacun à réduire son empreinte carbone alimentaire.

 « Le gaspillage alimentaire a un impact majeur sur le changement climatique en raison des émissions afférentes à l’agriculture et aux transports », ajoute M. Schroeren du ministère de l’Environnement allemand. « Mais on peut en réduire une grande partie avec une planification rigoureuse et c’est ce que nous avons l’intention de faire. »

Les traiteurs peuvent éviter de jeter des aliments précisément en calculant les quantités nécessaires et en mettant en place des chaînes d’approvisionnement efficaces.

Parallèlement, ils valoriseront du mieux que possible les restes en transformant les fruits et légumes un peu trop murs en smoothies par exemple.

Food waste in garbage bin

Quant aux déchets organiques, inévitables, et qui ne pourront être transformés, ils seront valorisés en biogaz et biocarburant.

Donc quand vous viendrez à la COP23, vous ferez du bien à vos papilles, à la santé de la planète et à la vôtre aussi !

Pour plus d’informations sur la durabilité de la COP23 et comment celle-ci sera vérifiée par un contrôleur environnement indépendant, cliquez ici